Le soliste (poème)

Le premier la repris par tous les instruments Annonce solennelle d’une entrée en scène Accueilli sous une pluie d’applaudissements Il entre, tête haute, au centre de l’arène
Suivant le maestro de cette compagnie Il s’installe près du premier des violons Il salue un public affable et assoupi Qui écoute et donne sa pleine attention
La baguette se lève et lance un sortilège Qui anime les musiciens immobiles La salle est baignée d’une pléiade d’arpèges Vibrants à l’oreille de ce public docile
Au deuxième mouvement le violon pleure Une douce mélopée lente et larmoyante Decrescendo accablé d’un douce langueur Qui attise une morosité ambiante
Au dernier mouvement, il prend de la cadence Les notes glissent sur son long archet voûté Dont les fins crins froissés par autant d’assurance Jouissent d’extase au va-et-vient débridé
L’ultime mesure de la coda résonne Un silence glacé succède à l’harmonie Un spectateur moins timide l’ovationne En aval de l’assistance entière éblouie
Quand, finalement, il s’incline devant eux Rassuré et fier d’avoir rendu justice À l’oeuvre d’un compositeur audacieux Le soliste comblé regagne les coulisses



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