Promenade à Versailles (poème)
Dernière mise à jour : 10 oct. 2024
En mémoire d’Alain Roger-Ravily
Le vieux portail et sa quincaillerie usée
Dorait ses vantaux au jeune soleil naissant
Dans le silence de ce dimanche d'été
Son loquet rouillé a grincé soudainement
Un jeune garçon gai, souriant et affable
Escortait son père qui, chevalet en main
Scrutait le ciel du jardin doux et agréable
Où ils déambulaient sur de larges chemins
Juchées sur de hauts piédestaux imposants
Des figures de pierre au teint de porcelaine
Dévisageaient notre duo insouciant
Qui ignorait leurs iconographies anciennes
Le vent d'été caressait la corolle fine
Des fleurs abondantes aux couleurs bigarrées
Qui tapissaient les grands parterres rectilignes
Du jardin où le temps semblait s'être arrêté
Au pied d'un bassin à l'eau calme et cristalline
Le peintre satisfait commençait sa besogne
Entouré d'ifs réguliers des pieds à la cime
Il bravait sa toile sans la moindre vergogne
Pendant ces heures où il était concentré
Son fils rejoignait l'attroupement de badauds
Visiteurs d'un jour ébahis et envoûtés
Qui découvraient ce jardin et son grand château
Le congé dominical clément envers eux
Unissait ces deux hommes pour un court instant
L'un comme l'autre, aimaient sincèrement ces lieux
Où leurs esprits vagabondaient allègrement
La nature croît, se développe et se meurt
Le temps passe rythmé par les quatre saisons
Les arbres qui ombrageaient ce lieu enchanteur
Sont tombés depuis sous la scie des bûcherons
Le fils vieillissant qui, suivait les traces du père
A fixé les souvenirs de ce temps perdu
N'a jamais oublié les compagnons d'hier
Pour la postérité, il a tout retenu
Il a semé au gré des sentiers parcourus Un amour incommensurable du domaine Construit par les rois dans un temps révolu Qu'il retrouve aujourd'hui là-haut, l'âme sereine




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