Saturnales (poème)
Dernière mise à jour : 10 oct. 2024
Je dormais au coeur de la forêt des ombres
Anéanti par l’aubépine et le tilleul
Incapable de bouger dans la nuit sombre
Drapé de feuilles mortes formant mon linceul
Autour de mon corps veillaient de vieux satyres
Jouant quelques mélopées soporifiques
Le nectar ambré assouvissait leurs plaisirs
Saouls et gais, ils badinaient sur la musique.
Puis, quand lassé, ils laissèrent leurs instruments
Quand le rituel sinistre fut accompli
Mon corps fut dénudé par ces vils assaillants
Aux yeux concupiscents, à la panse remplie
Ma chair mortifiée, recevait leurs étreinte
Mes membres liés encaissaient ce supplice
Ma peau déchirée conservait leurs empreintes
De ce crime odieux ils étaient tous complices
L’aube venue ils m’abandonnèrent céans
Honteux et confus, finalement affranchi
Je quittais les lieux terrassé et languissant
Mon obscur cauchemar était enfin fini
Démons qui terrassez votre entourage
Votre règne despotique se termine
Car le malheureux qui fut votre otage
Est beaucoup plus fort qu’on ne se l’imagine




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